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La maltraitance des personnes agées

Maltraitances envers les aînés : vers une prise de conscience

Les violences et les négligences envers les personnes vulnérables ont toujours existées. A la fin du XXème siècle, un « progrès éthique » a commencé à faire prendre conscience de leur caractère intolérable. Une atteinte quotidienne aux droits de ses personnes a lieu sous nos yeux, sans que nous réagissions. Les médias nous projettent de lointaines violences qui nous émeuvent. Mais les petites ou graves « maltraitances ordinaires » que peuvent subir au quotidien nos concitoyens les plus vulnérables restent invisibles pour beaucoup. Pourquoi ne voyons nous pas ces maltraitances ? Parce qu’elles sont protéiforme et touchent une population invisible : celle des personnes âgées et des personnes en situation de handicap.

Cependant, l’expérience acquise des centres d’écoute et de conseil dédiés à la maltraitance (Centres ALMA) démontre que tous les facteurs de risque de maltraitance sont susceptibles de prévention. La dépendance fonctionnelle d’autrui est souvent évitable ou aurait pu être retardée par une détection précoce et une prise en soin appropriée. La déficience cognitive chez les aînés, le handicap mental et encore plus psychique chez l’adulte, sont les pires facteurs de risque. Quand existent dépendance ou limitation de l’autonomie décisionnelle, préparer à cette responsabilité particulière tous ceux qui prennent en soin ces personnes éloigne efficacement négligences et abus. L’inconscience des besoins de ces personnes « dépendantes » aussi bien de la part des exécutants que des décideurs demeure un facteur principal de négligences. Si le besoin est reconnu, l’ignorance de la bonne réponse, ou son impossibilité matérielle culpabilise et démotive les équipes. L’isolement social ajoute un risque majeur. Dès que la personne n’est plus à l’abri des regards, seule chez elle ou cloîtrée dans une institution fermée, le risque décroît fortement.

Briser l’isolement protège toujours les victimes potentielles. Le silence de la victime ou du témoin perpétue le risque. La victime a honte ou n’a pas accès à la parole. Le témoin a peur des sanctions et des représailles qu’il soit professionnel ou familial et il a raison. La protection de la loi reste très théorique. Cependant dans notre pays, l’existence d’un numéro d’appel national 3977 et de centres d’écoute locaux ALMA pluridisciplinaires permettent de garantir écoute et conseils compétents , respectant la confidentialité souhaitée par la victime et le témoin et en toute indépendance.

Le facteur humain est omniprésent dans ce problème humain qu’est toute maltraitance. Le plus souvent il n’est pas intentionnel : épuisement, sentiment de culpabilité, dépression et surtout routines et corporatismes conduisent à la négligence. Aides et conseils peuvent y faire face. La résolution de ces situations est souvent complexe, surtout quand la maltraitance a lieu au domicile et au sein des familles. Elle exige une analyse pluridisciplinaire de personnes compétentes voire expertes et connaissant les situations locales. La nature associative des centres d’écoute français permet de préserver compétence, confidentialité, indépendance, neutralité et respect de l’autonomie de la victime. Depuis sa création en 1995, ce réseau a acquis une expérience unique. Chaque citoyen peut être concerné, témoin d’une maltraitance envers un aîné ou une personne vulnérable (qui ne l’a jamais été ?), victime un jour d’un état de faiblesse, voire auteur involontaire par inconscience et ignorance. La France a la chance de disposer d’un réseau de centres d’écoute et de conseil associatifs, facilement atteints par le numéro national 39 77, financé par les pouvoirs publics. Une majorité de cas peut être résolue et la maltraitance cesser par une prise de conscience, une information, une concertation entre intervenants, un signalement aux autorités responsables ou par la simple mise en évidence qu’il y a maltraitance.

Quelles sont les différentes formes de maltraitance ?

- Les maltraitances psychologiques :

La personne âgée est victime de menaces de rejet, de privations de visites, d’humiliations, d’infantilisation.

- Les violences verbales :

La personne âgée est victime d’insultes, de menaces, de grossièretés…

- Les maltraitances physiques :

La personne âgée est victime de brutalités, de coups, de gifles, de violences sexuelles…

- Les maltraitances financières :

La personne âgée est victime de spoliation d’argent, de biens immobiliers et mobiliers…

- Les maltraitances médicamenteuses :

Il peut s’agir, par exemple, du non respect des doses prescrites.

- Les maltraitances civiques :

Elles désignent les atteintes au droit des personnes.